Relation entre jardin et jardinier

Relation entre jardin et jardinier

Il y a de nombreux jardiniers dans le monde, mais peu sont exceptionnels. Qu’est-ce qui fait qu’un jardinier en particulier sorte du lot parmi de nombreux autres ?  D’abord et avant tout, c’est la relation que le jardinier entretient avec son jardin. Et c’est une relation ! Certains jardiniers apprécient de prendre soin de leur jardin, et ils ont un très beau jardin, tandis que pour beaucoup d’autres  -qui en fait ne se qualifient pas en tant que jardiniers-  c’est le fléau de leur vie : tondre la pelouse, tailler les haies, enlever les mauvaises herbes, tailler les rosiers  -aïe, aïe, aïe. Assez !

Soyons clairs, vous pouvez être un très bon jardinier en suivant les livres et en faisant ce qu’ils suggèrent. L’entraînement peut faire de quelqu’un un bon jardinier, apprenant les trucs, pour ainsi dire. Il n’est pas du tout difficile d’être un bon jardinier  -mais exceptionnel ? Cela requiert quelque chose en plus, quelque chose au-delà de la technique, quelque chose au-delà de la connaissance, quelque chose au-delà du suivi d’un programme subconscient de jardinage couronné de succès.

C’est là que la relation se place vraiment en avant. Aimer le jardin, aimer la terre, aimer les plantes : aimer réellement la Nature  -cela crée une relation consciente avec la Nature. Dans cette grande relation, le jardin est notre lieu de rencontre avec la Nature. Mais il faut quelque chose en plus. La nature vit dans l’instant éternel. Les plantes ne pensent pas à nous ni à leur place dans le monde, elles se contentent de pousser et de vivre dans l’instant. Nous pensons  – comme si vous ne le saviez pas ! Malheureusement penser nous fait sortir de l’instant, penser ne peut nous y faire pénétrer.  Cela veut dire, dans les faits, que tandis que toute vie naturelle est en conscience dans l’instant, l’humanité est tellement occupée à penser que nous vivons subconsciemment. Nous sommes rarement consciemment conscients d’être dans l’instant. Nous vivons subconsciemment, la Nature vit consciemment. Désolé mais conscience et subconscience ne peuvent jamais se rencontrer  -même pas dans le jardin. Vous ne pouvez pas être subconsciemment conscient !

Vous ne pouvez pas aimer la Nature subconsciemment. En fait, vous ne pouvez pas aimer subconsciemment. L’amour, le vrai amour, requiert la pleine conscience.  Vous ne pouvez pas être un jardinier subconscient et aimer le jardin. En tant que jardinier, vous pouvez vous quereller ou argumenter avec votre époux/se mais jamais avec le jardin. Pour ce type de jardinier, le jardin est une retraite, un refuge, un abri contre les explosions orageuses ! Désolé, mais ce n’est pas exceptionnel ! Vous pouvez être un jardinier qui veut, et réussit, le jardin le plus couvert de fleurs dans sa rue.  Très bien, un bon jardinier ; désolé, pas exceptionnel. Vous ne pouvez pas être un jardinier exceptionnel et utiliser le jardin comme un déversoir pour vos frustrations ou vos ambitions. Mauvaise énergie. Quand vous allez dans un jardin en pensant à vos problèmes, à vos soucis, ou en colère, ou dans toute autre sorte de distraction négative, votre champ d’énergie change : vous abaissez l’intensité et la qualité de votre énergie Lumineuse. Cela, à son tour,  a un effet négatif sur le champ d’énergie du jardin ; aucune chance d’être un jardinier exceptionnel. Quittons toutes les personnes ordinaires qui jardinent et focalisons-nous sur le jardinier exceptionnel.

C’est pour cela que j’ai écrit “Jardiner en Conscience”. Un jardinier exceptionnel est complètement impliqué avec le jardin pendant toute la durée de sa présence dans le jardin. Pourquoi est-ce si important ? Un jardin est un vaste champ d’énergie ; vous êtes aussi un champ d’énergie. Si cette énergie pouvait être vue physiquement, elle apparaîtrait comme de la Lumière. Quand j’étais jeune adolescent en Angleterre, j’ai rencontré une dame de quatre-vingt dix ans passés. Elle m’a montré son jardin. C’était un petit jardin coincé au milieu d’un rang de maisons mitoyennes, chaque jardin séparé des autres par un très haut mur de briques. La lumière du soleil avait du mal à trouver son jardin mais une grande partie de l’année, ce dernier était rempli d’une abondance de plantes fleuries. J’étais un jardinier enthousiaste et je savais qu’il n’y avait pas assez de soleil pour que ces plantes fleurissent. Mais en la regardant, en ressentant l’amour qu’elle ressentait pour son jardin, j’ai réalisé qu’elle était le soleil dans son jardin. J’ai appris que quand vous aimez le jardin et ses plantes, comme elle, vous pouvez jeter le livre mode d’emploi. Elle fut le premier jardinier exceptionnel que j’ai rencontré. Je ne l’ai jamais oubliée  -ni ce qu’elle m’a enseigné.

L’une des grandes leçons que j’ai apprises consciemment de la Nature dans un jardin se rapporte à l’ « être avec » tout en y travaillant. Nous sommes tellement occupés à faire, faire, faire  -tout en pensant à notre journée. Faire, mais sans être-avec ! Si vous enlevez des mauvaises herbes, prenez conscience de ce que vous faites  -soyez avec cela. Et vous deviendrez graduellement conscient d’une plus grande connexion avec la Nature. La Nature parle mais personne n’écoute. Nous pensons qu’entendre, c’est écouter ;  ce n’est pas ça. Ecouter se passe dans l’instant  -mais il n’y a personne à la maison ! Jardiner en conscience veut dire que vous apprenez à être conscient dans la vie et votre enseignant est la Nature. Le jardin est le lieu de rencontre, vous êtes l’étudiant. La Nature vous offre la plus merveilleuse relation possible, qui vous emmène au-delà du banal, dans le magnifique. Tout cela en développant une relation profonde et créative entre le jardin et le jardinier.

Certaines personnes parlent de l’esprit de la Nature ; on le trouve en tant qu’énergie élevée dans les jardins des vrais amoureux de jardins. Ce sont les gens à la « main verte ». Leurs jardins peuvent être immenses et très beaux ou une étendue de ce qui semble être des plantes désordonnées. Mais au plan de l’énergie, ils ont le X-facteur. De même, un jardin peut être minuscule, comme celui de la vieille dame dont j’ai parlé, mais la relation avec le jardin peut être immense. Quand vous pouvez suivre les « ressentis » intuitifs que vous avez en tant que jardinier, plaçant les plantes dans la terre là où elles « veulent » pousser, vous serez capable de développer cette relation Nature/humain précieuse jusqu’à son plus complet potentiel . C’est quand vous prenez conscience du parallèle clair entre la vie et le jardin.

Tailler les pousses vieilles, tentaculaires, pleines d’épines d’un rosier équivaut à éradiquer l’enchevêtrement des attitudes épineuses que nous avons développées, qui entravent notre croissance. Si nous sommes conscients tandis que nous dégageons les mauvaises herbes non désirées de notre jardin, donnant à nos plantes de la place pour pousser, nous pouvons aussi relâcher les mauvaises herbes que sont nos vielles habitudes de pensée, pour donner de l’espace à l’expansion et à la croissance de notre propre potentiel. Tout cela… à partir de la relation entre un jardin et son jardinier !

Michael J. Roads