Le Libre Arbitre

Il y a quelques mois, on m’a demandé de faire des commentaires sur le « libre arbitre ».

De toute évidence, « libre » est le point principal. Qu’est-ce que le libre arbitre ? Est-ce la liberté d’agir comme on le veut ? C’est ce qui est sous-entendu. Cela veut-il dire que nous sommes libres de passer outre les lois du pays ? Non, de toute évidence, et ainsi disparaît un morceau de liberté. Mais, disparaît-il ? Avons-nous besoin de passer outre les lois du pays ? Probablement pas. Alors est-ce qu’on récupère cette liberté maintenant ? En d’autres mots, au plan physique, libre ne veut pas réellement dire grand-chose. C’est un terme plutôt qu’une réalité. Apparemment, certaines personnes exercent leur libre arbitre en sortant d’un mariage, mais l’exercent-elles ? Selon toute probabilité, elles sont poussées par les démons du conditionnement de leur enfance et par les bagages émotionnels avec lesquels elles s’incarnent donc toute action résultant de cela n’est certainement pas du libre arbitre. Il n’est pas si facile de reconnaître le libre arbitre ni de l’expérimenter effectivement.

Bon, donc, physiquement, le libre arbitre est plus une perception qu’une réalité.

Qu’en est-il de la liberté de croire ce que nous voulons ? L’avons-nous ? En fait, si on a des croyances qui viennent de notre enfance, de notre adolescence et de notre âge adulte, non ; on a adopté toute une flopée de croyances d’autres personnes et on les a faites nôtres. Il n’y a rien de libre là-dedans ! Considérons les croyances religieuses : si vous êtes Anglican, alors c’est la base de vos croyances spirituelles  – aucune liberté là-dedans. Le Catholicisme, le Bouddhisme, l’Adventisme du Septième Jour, le Baptisme, le Mormonisme, le Fondamentalisme, l’Islam ainsi que beaucoup d’autres sont tous des croyances religieuses qu’on hérite ou qu’on accepte avec la religion. Pas de libre arbitre du tout. Généralement, nous grandissons avec les croyances de nos parents jusqu’à ce que, adultes, nombre d’entre nous tentent de s’en débarrasser. En réaction, pas de libre arbitre ici ! La réaction à quoi que ce soit signifie pas de libre arbitre. La réaction est l’abdication de la liberté. La réaction est fondée sur la peur venant du passé ; aucune liberté là-dedans. Il semblerait que le libre arbitre soit plutôt difficile. Avez-vous le libre arbitre d’arrêter de penser pour un instant ? Oui, vous avez le libre arbitre d’essayer mais très peu de gens ont la liberté de s’échapper de leurs propres pensées négatives pour plus d’un instant !

On a la liberté de dire la vérité tout le temps mais le fait-on ou bien le prix d’une telle liberté est-il trop élevé ?

Le libre arbitre, même mentalement, est un joli concept mais rarement une réalité.

Qu’en est-il du libre arbitre émotionnel ? Désolé, mais c’est sûrement le plus impossible de tous. J’anime des séminaires intensifs de cinq jours dans un certain nombre de pays chaque année et je n’ai pas encore été témoin d’un vrai libre arbitre émotionnel. Rien chez nous n’est plus susceptible d’être conditionné que nos émotions. Soit nous les supprimons soit nous les nions. Nos réactions sont habituellement plus émotionnelles que mentales même si la pensée précède l’émotion. Émotionnellement, notre espèce est très demandeuse et d’une pauvreté abyssale pour ce qui est de partager nos vrais sentiments les uns avec les autres. Avons-nous le libre arbitre de parler aux gens dans la rue et de nous dire des choses positives et aimantes les uns aux autres ? Eh bien, nous avons en fait le libre arbitre de le faire mais nous sommes bien trop inhibés pour cela. Parler en public est considéré comme l’une de nos plus grandes peurs. Pourquoi ? Parce que nous avons peur du rejet et du ridicule. C’est automatique, aucune liberté de choix. Bien entendu nous pouvons surmonter cela mais la plupart des gens ne le font jamais. La colère n’est pas du libre arbitre émotionnel, c’est une réaction émotionnelle.

Désolé, nous sommes trop conditionnés émotionnellement pour le libre arbitre émotionnel.

Donc l’idée même du vrai libre arbitre est quelque peu malmenée ! C’est certain, nous avons vraiment du libre arbitre, en fait. Nous savons que les gouvernements n’aiment pas que nous ayons trop de liberté d’aucune sorte, hormis la liberté conceptuelle. Nous avons une presse qui tente de diriger et de contrôler notre pensée. Nous avons des politiciens qui tentent de nous convaincre que leurs mensonges habiles sont en fait la vérité. Tous les politiciens savent que ce n’est pas la vérité qui est importante, que c’est notre « perception » de la vérité qui compte. Nous sommes tiraillés mentalement et émotionnellement par des techniques de publicité qui se servent du contrôle du cerveau. En fait, nous vivons dans un monde qui décourage activement le vrai libre arbitre. Nous vivons dans un monde où la réalité consensuelle dit : « C’est moi qui décide, pas toi. Le seul libre arbitre que tu as est celui que je te permets. »

Dans la société moderne, il s’agit plus de volonté contrôlée que de libre arbitre.

L’un des conditions humaines les plus communes que je rencontre est l’autocritique. Un mot à ce sujet ; l’Unité signifie que toute vie est connectée. La physique parle de la toile de vie, c’est la même chose. Ce que cela veut dire en fait est qu’il n’y a rien en dehors du Soi. Je ne parle pas du soi de l’identité mais de l’Être métaphysique vous êtes vraiment. Donc en réalité, qui que ce soit ou quoi que ce soit que vous critiquiez, c’est vous qui recevez la pique. S’il s’agit d’une critique méchamment négative, c’est vous que le venin empoisonne. Considérez cela comme le principe du boomerang : tout ce que vous lancez vous revient. En essence, « toute » critique est de l’autocritique. Très peu de personnes peuvent trouver le libre arbitre d’arrêter l’autocritique. Tant pis pour le libre arbitre ! Mais c’est possible. Je ne me critique pas, bien que j’eusse l’habitude de le faire, et même lourdement. L’autocritique cause anxiété et dépression, conduit à des maladies cardiaques et à une santé fragile et cependant, même cela n’est pas suffisant pour nous permettre de trouver le libre arbitre d’arrêter. Pourquoi pas ? Parce que notre volonté est conditionnée, pas libre. C’est la même chose avec l’auto jugement qui tient par la main sa vieille amie, l’auto comparaison. Il y a tellement de gens qui se prennent d’amitié avec ces états, sachant que c’est à leur détriment général. Pourquoi ? Ça n’a pas de sens. Où est le libre arbitre d’arrêter de faire ça, tout simplement ? Pourquoi nous complaisons-nous dont l’auto destruction négative ? Qu’est-ce qui est arrivé au libre arbitre ?

Le libre arbitre ne se porte pas très bien, n’est-ce pas ? Quel libre arbitre ?

O.K., ça suffit, il est temps de présenter le  « vrai libre arbitre ». Mais laissez-moi être très clair à ce sujet, le libre arbitre est un choix exigeant. Oui, vous pouvez trouver la liberté de choisir vos pensées mais ce n’est pas facile. Simple, mais pas facile !

D’abord et avant tout, le libre arbitre exige que vous viviez en conscience. C’est ce que vous dites, que vous vivez en conscience ! J’en doute. La plupart de la population mondiale vit subconsciemment entre 91 et 99 % de son temps. Cela veut dire vous ! Pensez-y un moment. En vivant subconsciemment, vous n’avez pas de libre arbitre. Pour le meilleur ou pour le pire, vous vivez à partir d’un programme du passé… et c’est souvent pour le pire ! La bonne nouvelle est que, juste occasionnellement, vous vous faites plaisir à penser de façon originale et le libre arbitre qui apparait soudain suggère que ce serait une bonne idée d’effacer le programme de contrôle. Le moment passe, le programme se réaffirme et vous décidez que vous le ferez  – demain. Et nous savons tous que demain n’arrive pratiquement jamais !

Est-ce votre libre arbitre en action quand vous décidez de suivre votre «propre» chemin spirituel ? Ou bien est-ce le choix, que votre âme a fait il y a bien longtemps, qui se réalise ? C’est votre programme conditionné subconscient qui vous pousse à procrastiner sur le chemin de la vie. Nous sabotons réellement la plupart des tentatives que nous faisons de penser librement, sans aucun biais. Penser librement ne veut pas dire penser de la façon dont cela a été enseigné à l’école, pas plus que cela ne veut dire rester scotché dans des pensées principalement cerveau gauche. Cela veut dire permettre à votre cerveau de s’habituer à des énergies plus élevées tandis qu’une pensée nouvelle et créative coule à travers les centres réceptifs du cerveau. Habituellement nous produisons des pensées à la chaîne à partir du centre de diffusion, nous sommes rarement réceptifs.

Curieusement, j’ai trouvé qu’il faut beaucoup d’autodiscipline pour cultiver le libre arbitre, et puis un jour vous atteignez un endroit où le libre arbitre n’est discipliné par aucune discipline du tout. J’ai dit que c’était curieux ! Il semblerait que vous ayez à batailler un peu avec votre cerveau pour gagner la liberté de penser des pensées positives sélectives, mais il n’en est pas ainsi. Quand vous bataillez avec votre cerveau, vous créez très exactement l’opposition que vous combattez. Ce n’est pas la bonne manière. Comme je l’ai dit, cela requiert que vous viviez en conscience. Soyez informés de vos pensées, il faut les observer plutôt que les censurer. Une fois que vous avez établi une habitude d’être conscients, vous trouverez qu’en vous concentrant sur l’élévation de votre pensée plutôt qu’en permettant à vos pensées de suivre leurs chemins capricieux personnels, vos pensées et votre pensée deviendront plus libres, plus réceptifs, révélant des perspectives sur la vie et le vivant qui font chanter le cœur.

Pour vraiment entraîner votre libre arbitre, tout votre corps, tout votre Être est plus finement accordé que vous ne l’avez connu. Vous commencez à expérimenter une liberté que vous n’aviez jamais imaginée. Principalement  – et nous pouvons tous faire un faux pas-  vous êtes capables de répondre à des situations de la vie plutôt qu’à y réagir. La peur réagit. L’Amour répond. La peur vient du passé conditionné tandis que l’Amour ne vient que de l’instant. Quand vous répondez à la vie, vous découvrez que c’est une façon de vivre plus joyeuse et le cerveau aime cela en fait, relâchant les enzymes et les hormones « heureuses » appropriées pour partager son plaisir avec le corps. Figurez-vous, c’est une activité de cerveau complet, pas de cerveau gauche dominant.

La réalité du libre arbitre est très différente de son concept. Vivre réellement à partir de son libre arbitre devient une sorte de plaisanterie. Vous vous demandez à qui peut bien appartenir ce libre arbitre ? Est-ce qu’il appartient à moi, l’identité, en tant que mon propre choix ? Ou bien appartient-il à un aspect plus élevé de moi que j’appelle le Soi et alors ce prétendu libre arbitre serait en fait la volonté du Soi. Et vous demandez si on apprend ou si on trouve le libre arbitre, ou s’il a toujours été là… juste hors de portée. Est-ce que j’ai obtenu le libre arbitre parce que je me suis soumis au Soi, et si j’ai fait cela, à quel point ma décision est-elle libre ?

Regardez moi, par exemple. Est-ce que j’ai choisi mon chemin spirituel à partir de mon libre arbitre ? Est-ce que je me suis infligé involontairement et implacablement autant de peine et de souffrance pour devenir illuminé à partir de mon libre arbitre ? Ou bien est-ce que la volonté du Soi, de l’Être que je suis, s’est réaffirmée au moment le plus approprié de ma présente incarnation. Si la vie m’a appris quelque chose, ce que le vrai libre arbitre, c’est de vivre librement à partir de la volonté du Soi. Et la volonté du Soi, c’est la croissance spirituelle. Si bien que le libre arbitre est plus une soumission qu’une acquisition. Je me soumets à une volonté plus élevée que la volonté de mon soi-identité ; la volonté à laquelle je me soumets est la volonté du Soi immortel que je suis.

J’ai joué avec le sujet du libre arbitre et j’y ai pris plaisir mais je n’ai pas écrit mes mots de façon frivole. J’ai présenté de quoi nourrir sérieusement votre réflexion et peut-être vous ai-je montré une bonne raison de soumettre votre libre arbitre à la liberté de volonté qui attend déjà en vous. Mais vous avez encore à dépasser le programme conditionné ! Peu importe, si je peux, vous pouvez. Souvenez-vous, vous ne pouvez le faire qu’en conscience !

Dans l’Amour et la Lumière,

Michael