La route de l’éveil

Cela fait longtemps que j’ai choisi une autre route, choisi de fréquenter des chemins assez différents. Je partage la plupart de mes expériences dans mes livres mais, bien entendu, il y a souvent un « petit quelque chose » que je retiens, rien de spectaculaire. Je me considère réellement comme un homme simple. Simple – pas stupide. Le monde occidental a du mal à comprendre l’idée que la simplicité puisse être l’expression du pouvoir et de la clarté. Voir au-delà des complexités de la vie, dans l’essence pure d’une plus grande réalité, requiert de la simplicité. J’ai appris il y a longtemps que la vie n’est pas un exercice intellectuel. En fait, comme la Nature le démontre, la vie n’est pas une expression intellectuelle ; la vie est l’expression de l’intelligence consciente. Rien dans la Nature n’est complexe ; seule notre interprétation intellectuelle est complexe.

Alors voilà ce qui se passe : un homme simple est capable de mettre à jour la conscience universelle. Un intellectuel pourrait dire : « Qu’est-ce que la conscience universelle ? Je ne comprends pas. » La blague, c’est que moi non plus, je ne comprends pas. Mais je suis capable de l’expérimenter.

Méditer est un mot assez pompeux mais il décrit bien dans mon cas le fait d’être assis près de mon étang avec ma vision intérieure des mystères de la vie qui se reflète sur la surface de l’eau. Je fais cela souvent, conscient que toute la Nature physique qui m’entoure, moi, nous, n’est qu’une image en miroir, une réflexion de la grande réalité métaphysique de la Nature.

Nous sommes tellement attachés physiquement dans notre relation avec la vie. Je m’inclus dans ce nous, mais je suis probablement beaucoup moins attaché physiquement que la plupart des gens. Je suis bien conscient que notre Nature physique, incarnée dans notre corps physique, est la moins importante et la plus petite des représentations de la Nature, du Soi. Je pense que c’est ce qui me pousse. Je vois un monde de réalité qui est fondamentalement ignoré. C’est une plus grande réalité que notre petite interprétation physique de la vie, mais l’ignorer ne la réduit pas, cela ne réduit que nous.

Quand je dis « la moins importante et la plus petite » je ne porte de jugement d’aucune façon. Je parle d’énergie. L’aspect physique de la Nature et de l’humanité a les vibrations les moins importantes et les plus basses parmi tous nos nombreux aspects. Notre identité physique est le facteur dominant dans nos vies mais c’est aussi l’aspect de l’identité qui filtre l’immensité de la vie comme à travers un minuscule trou de serrure. C’est de cette façon que nous réduisons la grandeur de la vision et, malheureusement, la grandeur de celui qui regarde.

Dans mes livres et mes articles, je tente de rectifier cela. Je tente de montrer au lecteur à l’esprit ouvert que nous avons une grandeur inhérente que nous ignorons. Pour cela je reconnais la grandeur de la Nature, de la vie ou du Soi. Je fais cela en présentant la plus grande réalité de la vie.

La science montre que l’œil de la mouche a environ un millier de facettes à travers lesquelles elle voit son environnement. C’est ce qui les rend difficile à écraser ! Cependant, je pense que la vie est pareille, surtout quand vous réalisez que la planète Terre a bien plus de facettes que les yeux d’une mouche. Il y a des facettes et des royaumes qui pénètrent en profondeur dans des dimensions bien au-delà de notre connaissance, mais pas au-delà de notre potentiel métaphysique caché, ignoré depuis longtemps.

A propos de potentiel métaphysique, ce ne fut pas ma connaissance spirituelle qui m’a fait réussir quoi que ce soit sur mon chemin spirituel, ce fut mon engagement total. J’ai fait toutes les erreurs qu’il était possible de faire sauf une : j’ai persisté. Abandonner ma route n’a jamais été une option envisageable. J’étais préparé à accepter l’échec et la mort à l’âge de 50 ans mais je n’ai jamais envisagé d’abandonner.

J’ai vraiment espéré que mon chemin spirituel me conduirait à escalader la montagne des vérités jusqu’à ce que, en atteignant le sommet, j’atteigne l’illumination. En réalité j’ai plongé dans la fosse la plus profonde de la douleur et du désespoir et c’est là que, battu, je me suis rendu. J’ai appris que l’illumination spirituelle n’est pas une acquisition, c’est une reddition. C’est quand j’ai lâché Michael, que j’ai lâché l’identité : l’identité tient la séparation par la main. Ce n’est pas que je n’aie pas été conscient de quoi que ce soit au cours de ce processus. Ce ne fut simplement que tourment et intuition, et rester dans l’instant au fur et à mesure que je traçais ma route à travers le processus de lâcher prise.

Quand j’ai laissé aller l’identité, quand je ne me suis plus identifié à l’identité, j’ai été submergé par la réalisation du Soi, par ma connexion holistique avec le Grand Tout. Vous ne pouvez pas faire cela comme une technique, car il n’y a pas de technique. Vous ne pouvez à pas apprendre le mode d’emploi, car il n’y a pas de « comment faire ». Vous ne pouvez pas chasser ni capturer l’éveil, ni d’aucune manière trouver une combine pour devenir éveillé. Il s’agit d’une reddition du soi au Soi.

Courage, vous êtes sur « votre » chemin. Tout ce dont vous avez besoin maintenant est de vivre en conscience, d’être averti et de vous Aimer vous-même. Le simple fait que ce soit soyez en train de lire ceci signifie que vous êtes en train de grandir en conscience. Tout est bien, faites confiance.

Michael Roads