Interview pour New Visions Magazine

1 – Il y a tellement d’étiquettes, que nous épinglons sur nous-mêmes ou que le monde épingle sur nous, pour définir la façon dont nous passons nos journées. Comment vous décririez-vous vous-même ainsi que le travail que vous faites, pour quelqu’un qui n’est familier avec aucun des deux ?

Toutes les étiquettes que portent les gens comme moi sont des étiquettes que les autres collent sur nous. Probablement parce que je suis une personne Réalisée dans le Soi, ce qui veut dire que je sais Qui Je Suis, je suis appelé un Enseignant et/ou un Maître. Les étiquettes définissent certainement la façon dont je passe mes journées mais si je devais choisir une étiquette, ce serait définitivement « L’homme qui pollinise les fleurs. » Peut-être que je devrais expliquer ça. Il y a un bon nombre d’années en arrière, et environ un an dans le temps linéaire après le moment de mon illumination  -l’illumination n’est pas un évènement linéaire !-  je communiquais avec un Etre non physique au sujet de ma vie. Je ne pouvais voir aucun besoin d’être un « Enseignant » dans le monde, parce que je savais maintenant que le monde était parfait. En dépit du manque de conscience de l’humanité, tout ce qui se produit est perfection. L’Etre m’a posé une question. « Si les fleurs du monde n’étaient jamais pollinisées de nouveau, que se passerait-il ? » « Au bout d’un moment, il n’y aurait plus de fleurs dans le monde », ai-je répondu. « Est-ce que cela ne serait pas parfait aussi ? » a demandé l’Etre. Je savais que ce serait effectivement parfait mais j’ai aussi réalisé que je préférais un monde dans lequel il y « a » des fleurs. J’ai souri à l’Etre, en remerciant. Depuis ce moment, j’ai répondu à la requête de la vie et j’ai commencé à polliniser les fleurs humaines. Cependant, j’ai besoin de fleurs qui soient ouvertes et réceptives, car les fleurs humaines sont pollinisées par la Vérité.

2 – Que voulez-vous dire quand vous dites : « le cœur n’a pas de questions » ?

Nous vivons dans un monde qui est dominé par le cérébral. Pire, ce n’est même pas une expression cérébrale holistique mais qui provient de façon prédominante de l’hémisphère gauche du cerveau. Fondamentalement, le cerveau voit la vie comme menaçante, séparée, compétitive et non-encourageante. Le cœur est très différent. Le cœur est toujours holistique. Le cœur voit la vie comme accueillante, connectée, co-créatrice et encourageante. Le cœur et le cerveau communiquent l’un avec l’autre et avec les cœurs et les cerveaux des autres. Parce que le cerveau voit le monde comme séparé, il pose des questions continuellement, tentant de rassembler les parties séparées. Bien qu’il réussisse très bien à assembler des machines et des ordinateurs, il est incapable de saisir la signification de la vie. La Vérité le met en échec. Le cœur, par contre, voit la vie dans son « entièreté », donc il n’y a pas de questions posées par le cœur. Il est connecté avec toute vie. Le cœur « sait » la Vérité. Dans la Vérité, vous ne pouvez pas avoir une question  -une partie-  sans avoir aussi la réponse  -le tout. La vie vécue depuis le cerveau est une expérience TRES différente de la vie vécue depuis le cœur.

3 – Dans l’une des facettes de ma carrière, je suis travailleur social en psychiatrie. Quand je partage le concept de la dichotomie cerveau/cœur avec mes clients, ils disent : «  Vous donnez l’impression que c’est tellement facile… en réalité, ça ne l’est pas. » Comment vous adresseriez-vous à quelqu’un qui vous ferait ce commentaire ?

Les gens disent souvent : «  Vous donnez l’impression que c’est tellement facile… en réalité, ça ne l’est pas. » J’ai une réponse simple à ça. Vous avez le choix. Si vous dites : « La vie est difficile », vous avez raison. Elle l’est et elle va continuer à l’être. Si vous dites : « Je peux le faire », vous avez raison. Vous pouvez et vous continuerez à pouvoir. Vous êtes le créateur de votre propre vie et ce que vous pensez et dites est la substance de votre vie. Je dirais aussi : « Sortez de votre cerveau critique et pessimiste et entrez dans votre cœur encourageant et optimiste. »

4 – Pouvez-vous expliquez la différence entre Réalité Consensuelle et Plus Grande Réalité ?

La réalité consensuelle est la vue de l’humanité sur la vie, depuis le cerveau. Dans chaque pays, en dépit de ses vues mondiales très différentes, il y a une vue partagée de sa propre expression culturelle. La plupart des gens tombent communément d’accord sur cette vue partagée, un agrément consensuel. De la même manière, bien que les religions et les cultures offrent assez de différences pour provoquer la guerre, les bagarres et les tueries  -une mesure de notre immaturité-  les gens dans le monde ont aussi une immense base d’accord sur une réalité quotidienne purement orientée cerveau, la réalité consensuelle. C’est la mentalité du « poulailler ». La réalité consensuelle est fermée à la possibilité d’une vie en dehors du poulailler. La réalité consensuelle serait d’accord que la vie est une expression linéaire, que ce qui est passé est terminé et ne peut pas être changé. Il y a cependant une « plus grande réalité ». Il y a la vie au-delà des confins de la pensée limitée qui définit les frontières du poulailler. La vie n’est « pas » une expression linéaire et le passé « peut » être changé. Si vous n’êtes pas d’accord avec ça, vous avez raison  -pour vous, dans le poulailler. Si vous vivez hors du poulailler, vous souriez et vous êtes d’accord. Le cerveau peut toujours essayer, il ne peut pas sortit du poulailler, parce que c’est le cœur qui a la clé. Le cérébral vous retient emprisonné  -réalité consensuelle ; cependant la porte est grande ouverte  -plus grande réalité.

5 – Je me suis sentie attirée par la Prière de Saint Francis depuis aussi longtemps que je me souvienne. Une ligne en particulier résonne avec quelque chose que vous avez dit à propos de « mourir au soi ». Que cela signifie-t-il pour vous ?

Mourir au soi nécessite une définition. Je parle dans des conférences et des livres en utilisant le Soi pour Qui Je Suis et le soi pour l’identité. Pour une personne qui sait qui elle est, l’identité doit mourir. Mourir au soi signifie abdiquer l’identité. C’est, littéralement, une mort. J’ai expérimenté cette mort de l’identité, mais le corps a survécu. Le cerveau va s’opposer et combattre ce processus parce que tout son investissement est dans l’identité. Le cerveau voit la vie comme séparée, l’identité a adopté cette tromperie et le cerveau l’exprime.

6 – Bien que, dans vos séminaires, vous partagiez des idées et des outils, vous avertissez que toute technique a une date de péremption. Comment pouvons-nous nous écarter de la dépendance à des techniques et intégrer ce que nous vivons dans nos vies ?

Chaque Vérité que nous rencontrons doit être vécue. Souvent, lors de Séminaires Intensifs, les gens me disent : « Je sais ça ». Je leur dis, en des termes sans équivoque qu’ils ne « savent » pas ça. Tout ce qu’ils ont est l’information. In-formation  -non-formée, non réalisée. Si vous ne vivez pas ce que vous savez, alors vous ne le savez pas. Vous avez simplement les mots dans votre intellect. La seule Vérité que vous avez est la Vérité que vous vivez et que vous exprimez. Quoi que ce soit d’autre est un jeu dans le cerveau  -une illusion ! Les techniques sont principalement des jeux dans le cerveau, qui essayent de le tromper, ou de lui faire une queue de poisson, sans se faire remarquer. Contrairement aux techniques, vivre votre Vérité n’a jamais de date de péremption car la Vérité vous emmène dans le moment éternel. Ce qui nous amène à la question suivante !

7 – Vivre dans l’instant… y a-t-il quoi que ce soit de plus profond ou de plus important que cela ?

Tout ce que vous voulez ou dont vous avez besoin vraiment dans la vie existe dans l’instant. L’Amour, la Vie, l’Illumination, la Joie, la Paix, la Vérité, Dieu, tout vit et s’exprime dans l’instant  -et seulement dans l’instant. Pourquoi sont-ce de tels étrangers dans la vie humaine ? Parce que nous vivons dans un paradoxe incroyable. En tant qu’Etres conscients, nous ne pouvons jamais être en dehors de l’instant et pourtant nous sommes si consciemment non avertis de la vie dans l’instant que nous n’avons pas de conscience de cela ! L’instant « est » la « Plus Grande Réalité ». L’instant est éternel, infini, il contient et exprime toute notre vie rassemblée dans une simultanéité. Si la vie pouvait être décrite comme un film, nous vivons image par image  -le temps linéaire. Mais tout le film est sur la bobine de la complétude. Et en tant qu’Etres spirituels, nous avons la capacité à accéder à tout le film en même temps, allant au-delà de l’approche image par image. Dans une réalité physique, nous vivons image par image, mais le Soi quintessentiel est un Etre spirituel qui peut être complètement exprimé dans une réalité au jour le jour. Toute vie est Une. Le cœur le sait, il a besoin de l’embrasser et de l’exprimer. Le cerveau l’ignore, le niant et y résistant.

8 – Savoir Vs croire… pourriez-vous développer cela ?

Ce que j’écris dans cette interview par email est mon “savoir”. Dans une plus grande réalité, la vie est une expérience directe, donc « savoir » est une expérience directe. C’est possible facilement en dehors du poulailler ! Cependant, à l’intérieur du poulailler, les gens ont besoin de « croire » dans des choses. Des choses comme Dieu, la bonté, que demain vient après aujourd’hui, l’amour, la peur, la souffrance, que la vie n’est pas supposée être facile et d’autre genre de concepts similaires, qui soutiennent ou pas. Dans le poulailler, la vie est entièrement conceptuelle et les concepts donnent naissance à des croyances. Les gens croient généralement en ce qu’ils ne savent pas réellement. « Savoir » transcende croire. La plupart des croyances d’aujourd’hui sont stupides et dangereuses, elles tuent des gens et pourtant les gens restent attachés à de telles croyances. Pourquoi ?  Parce que si la réalité consensuelle dit que c’est comme ça que ça doit être, et que tout le monde le croit, alors c’est comme ça que c’est ! Quelle croyance typique, stupide et qui ne soutient pas. Je « sais » que c’est faux.

9 – Comment pouvons-nous écouter avec nos cœurs et calmer le mental bavard qui aime créer le chaos et partir en vrille, hors contrôle, pour son propre amusement ?

Le cœur murmure sa Vérité, le mental hurle et bavarde des absurdités. Cela paraît sinistre ? C’est pire. Dans ce bavardage incessant, il y a un flot constant d’autocritique  -et toute critique est de l’autocritique ! Alors comment nous accordons-nous hors du mental et dans le cœur ? Essayez de pratiquer avec une « Plus Grande Réalité ». Imaginez que l’instant est un étang tranquille. Concentrez-vous dans et sur l’étang. Donnez-lui  -l’instant-  votre pleine attention, votre pleine conscience. Pendant que vous faites cela, des canards sauvages volent vers l’étang  -des pensées sauvages. Concentrez-vous sur l’étang mais ne niez pas les canards et ne leur résistez pas. Les canards arrivent, volent en cercles, pendant que vous vous concentrez sur l’étang et les canards s’envolent au loin. Quelques instants plus tard, d’autres canards sauvages arrivent, mais votre concentration et votre attention est sur l’étang. Cependant, si vous résistez aux canards, essayant de les nier, votre concentration se déplace instantanément de l’étang vers les canards. Vous donnez du pouvoir à ce à quoi vous résistez. Les canards se posent sur l’étang, ils nagent en cancanant bruyamment, salissant l’étang. L’étang est la plus grande réalité mais vous avez été conditionné à voir des canards sauvages. Reconditionnez-vous. Concentrez-vous sur l’étang, laissez les canards arriver mais ne leur prêtez  aucune attention, aucune énergie. La clé est l’énergie. L’énergie de l’étang va vous nourrir et vous soigner, tandis que l’énergie que vous mettez dans les canards va vous épuiser et vous dévitaliser. L’étang offre un miroir de la Vérité, les canards sauvages vont salir et distordre l’étang, créant un reflet d’illusion. Pratiquez cela en le vivant.

10 – Quels évènements qui ont changé votre vie se sont produits pour vous amener là où vous êtes maintenant ?

La vie est pleine d’évènements qui changent la vie. Soit les évènements changent nos vies, soit nous y résistons suffisamment pour que la vie continue comme avant. Quand nous résistons à ces changements, la vie échafaude un autre évènement encore plus grand. Quand nous acceptons les changements, que nous allons dans leur sens, le changement devient moins douloureux, moins fracassant. Sur ma route, il y a eu de nombreux évènements de ce genre, car si j’ai invoqué le changement avec force, j’y ai résisté tout aussi fortement. On appelle ça la voie de la souffrance. Je ne la recommande pas ! Je pourrais isoler certains de ces évènements et les développer, mais cela prendrait trop d’espace dans cette interview. Je pourrais écrire des livres à leur sujet, comme je l’ai fait. Mes livres   -Talking with Nature, Journey into Nature, Journey into Oneness [en français, Retour à l’Unité], et Into a Timeless Realm-  se concentrent tous sur une période de ma vie qui a duré 9 ans et qui fut fracassante par son changement. C’est quand ma réalité physique fut confrontée et submergée par ma réalité métaphysique nouvellement émergente.  Ce fut une époque où, métaphoriquement, je fus confronté à une bouteille. Dans la bouteille se trouvait un génie et je savais que je devais relâcher le génie. Il m’a fallu du temps pour ôter le bouchon de la bouteille et quand il est vraiment parti l’immense génie, incroyablement puissant, s’est précipité hors de la bouteille. Mon soi métaphysique  a trouvé sa voie. J’ai su que je ne pourrais jamais renfermer le génie et qu’à partir de ce moment ma vie ne serait plus jamais la même. J’avais raison, Dieu merci !

11 – S’il y avait une chose que vous voudriez communiquer au monde entier et que chaque personne RECEVRAIT sans doute, sans peur ni hésitation, que serait-ce ?

S’il y avait une chose que j’aimerais communiquer à l’humanité, c’est que la vie n’a PAS besoin d’être triste, effrayante, stressante ni pleine de souffrance. Tout malheur, toute peur, tout trauma et toute souffrance résultent du fait que nous marchons sur le Chemin de la Résistance. Je suggère que vous changiez de direction, et que vous empruntiez le Chemin de l’Honneur et de l’Amour. Le fondement de ce chemin est un Principe de Vérité. Cela marche comme ceci : Si vous honorez le Soi, vous honorez la Vie. Si vous honorez la Vie, la Vie vous honorera. Cela marche, totalement et infailliblement. Cependant, vous devez vraiment le « Vivre ». Il vous est demandé d’honorer le Soi dans vos pensées, avec vos mots et avec vos actions. Les implications de cela sont vastes mais les récompenses sont encore plus grandes.