Familles

Je choisis le sujet de la famille à cause de la façon dont les quelques années passées de ma vie se sont déroulées. J’ai appris que nous  -ou peut-être seulement moi-  avons une idée surtout  conceptuelle de ce dont il retourne dans notre famille étendue, plutôt que les faits réels de l’histoire. Par exemple, je pensais réellement que je faisais partie d’une famille très unie et cela m’a paru ainsi pendant de nombreuses années, jusqu’au moment de la transition de ma première femme Treenie. Peu après cela, d’une façon assez spectaculaire, la famille s’est brisée, se désintégrant en quelque chose de très différent. Ce qui reste n’est plus tant une famille qu’un éparpillement de personnes apparentées. Je réalise maintenant que la famille s’est conduite d’une manière que Treenie voulait et attendait. Elle était le ciment qui tenait la famille ensemble. Quand elle est partie, le « cinéma » de la famille unie s’est écroulé. Elle était partie et je n’avais plus besoin de ça.

Rien de cela ne me dérange. C’est comme ça. Ni Treenie ni moi n’avons jamais vécu nos vies à travers nos enfants. Nous avons fait tout ce que nous pouvions faire pour nos enfants, mais comme la plupart des parents. Mais nous vivions nos vies. Peut-être qu’une famille désintégrée est le prix à payer pour ne pas vivre la vie à travers ses enfants. S’il en est ainsi, alors je suis heureux de payer ce prix. Maintenant marié à la belle Carolyn, je/nous continuerai/rons toujours à vivre ma/nos vies. Nous n’avons pas besoin d’être voulus par ni utiles à nos enfants ou à mes petits-enfants. Vous pouvez déjà trouver que je ne suis pas exactement l’homme de famille parfait… et cependant peut-être que cela n’est pas complètement exact. Pour moi, ma vraie famille est la famille spirituelle dont je suis juste une partie, une petite note dans le chant global d’un beau chœur qui grandit rapidement.

Je me demande parfois si une plus grande implication familiale devrait me manquer, mais cela ne me manque pas. Quand je vois des grands-parents tentant avec difficulté de pacifier leurs petits-enfants qui hurlent, ou des parents qui se disputent avec leurs adolescents, je n’arrive pas à voir ce que je rate. J’ai déjà été là, j’ai déjà fait ça ! Je me souviens des nombreux et merveilleux Noël du passé avec tous les enfants, je chéris la mémoire  -mais c’est tout ce que c’est, un souvenir du passé. Ma vie est pleine et riche. Je passe peu de temps avec les souvenirs. Le «moment» est ce qui me nourrit.

La plupart de mes petits-enfants sont soit adultes, soit ils essayent de l’être, dans ce monde moderne qui est le nôtre, où la vie est ‘vite, vite, vite’ et ‘débordé, débordé, débordé’. Pourquoi donc voudraient-ils passer du temps avec un grand-père ennuyeux qui vit dans une réalité différente ? Nous ne parlons même pas la même langue. Ma langue parle surtout d’Amour, de spiritualité et d’équilibre émotionnel. Leur langue, en dehors de la musique, est tout ce qui les concerne dans le moment présent ‘vite, vite, vite’ et ‘débordé, débordé, débordé’. La distance sépare la plupart de mes petits-enfants de moi et ceux qui sont à proximité ne sont pas intéressés à m’avoir dans leur vie. Là encore, c’est leur choix et je l’accepte. Après tout, j’ai émigré. Ma mère, qui avait perdu son mari, a aussi perdu un fils, une belle-fille et deux petits-enfants en moins de deux ans.

Bien qu’elle soit éparpillée, laissez-moi être très clair à ce sujet : j’Aime ma famille. Le fait que ce ne soit pas une famille proche est le choix de chacun des membres de la famille  -de toute évidence ! Comment ils sont ne fait absolument aucune différence en ce qui concerne mon Amour pour eux. Ou, je l’espère, leur Amour pour moi. D’accord, un de mes fils m’a sorti de sa vie, mais il a un droit de le faire. Il me voit comme mauvais et injuste, un père terrible, et cela continuera comme ça jusqu’à ce qu’il s’occupe de sa colère profondément ancrée. Étant son père, je sais qu’il a de nombreuses et merveilleuses qualités ; émotionnellement, il a un long voyage à faire. Après le fracas de notre dernier conflit, j’ai appris que tandis que j’Aime vraiment l’âme qu’il est, je ne suis pas émotionnellement obligé d’aimer la personne agressive qu’il est. Obligation émotionnelle  -voilà une attache sournoise ! Qu’elles soient proches ou éparpillées, les familles enseignent à chacun de leurs membres les choses qu’ils ont besoin d’apprendre. Avec mon fils, ma leçon était de reconnaître et de lâcher mon obligation émotionnelle. C’était comme être détaché d’une ancre émotionnelle. Cela veut aussi dire que notre dernier conflit fut réellement le dernier !

Jusqu’ici j’ai écrit au sujet de ma famille mais ce qui a réellement déclenché cet article est une famille dans laquelle je suis un outsider, que j’observe. L’une des plus proches amies de Carolyn  -et maintenant l’une des miennes-  est Karyn Pistone. Elles ont pratiquement élevé leurs enfants ensemble. Le père et la mère de Karyn, John et Julie sont tous les deux encore bien vivants. Ils approchent de leurs 90 ans et sont très clairement le moyeu de la roue familiale. Non seulement ils sont actifs physiquement, mais mentalement ils ont l’esprit vif ! Karyn a trois sœurs et un frère. Ils sont tous mariés  -Karyn l’était-  et ils ont tous des enfants.

Alors je ne veux pas dire un instant qu’ils n’ont jamais de disputes familiales ou qu’il n’y a pas de querelles mineures parmi les sœurs. Je suis sûr qu’ils en ont mais en dépit de cela ils sont la famille la plus proche qu’il m’ait été donné d’observer. Les disputes et les désaccords ne font pas la loi. Ils peuvent se produire, et même flamber, mais ils s’éteignent. La famille ne soutient pas la discorde, elle soutient l’harmonie. Quand ils sont tous ensemble dans une grande pièce, le vacarme de chacun criant pour être entendu par-dessus tous les autres est incroyable. Bien entendu, c’est une famille italienne et comme nous le savons, les Italiens sont très bons pour ce qui est de la famille. Les Pistone ont le cœur ouvert, ils sont généreux, volubiles, loquaces, bavards, le tout à un volume très volumineux !

J’ai entendu dire qu’il y a eu beaucoup de hauts et de bas dans le propre mariage de John et Julie pendant les 62 ans qu’ils ont passés ensemble, mais leur religion et leur Amour les a gardés ensemble. Ils ont tous les deux vécu une vie de dur labeur, se reposant finalement sur les lauriers de leurs efforts. Ils ont atteint un lieu de tolérance et de patience, acceptant les différences entre eux et probablement ne s’en appréciant que plus l’un l’autre. Quand je vois la famille qui a grandi se réunir autour d’eux pour n’importe quelle occasion  -et il y en a de nombreuses-  je réalise que j’observe une famille qui fonctionne au meilleur de son soutien, de son bruit, de son chalut et de sa bousculade. Pour être honnête, cette famille fait partie de la minorité. Ils ont une proximité qui inclut tout le monde. Ce n’est pas une situation où les maris sont intimidés de se joindre aux réunions de familles de leurs femmes, mais où les maris aiment faire partie de tant d’Amour et de proximité. C’est une famille très connectée, une famille support. À mes yeux, chacun Aime sincèrement et respecte les autres membres de la famille, appréciant leur compagnie.

Dommage, ce n’est pas commun. Les membres de la famille sont trop communément injurieux les uns envers les autres, même violents. Apparemment, plus de meurtres et d’agressions physiques se produisent au sein de la famille que dans n’importe quel autre endroit. Il y a de nombreuses statistiques qui indiquent que la famille en tant qu’unité cohésive qui soutient pleinement est pratiquement non-existante dans notre âge moderne, mais ce n’est pas le sujet de ce discours. Pour moi, le manque de solidarité familiale  -pas sa fin-  est dû partiellement au fait que nous perdons l’art de la vraie communication. Le monde électronique d’Internet et de Facebook etc. a sa place. Il est là pour de bon ou du moins pour continuer à se développer pour devenir ce qu’il va éventuellement devenir. Mais l’aspect d’être ensemble en tant qu’unité de soutien est en récession dans de nombreuses familles. Trop occupés, trop de choses à faire.

Alors voilà où nous en sommes. Je suis dans une famille aimante mais éparpillée dont la plupart des membres se moquent complètement de se voir rarement. Karyn est dans une famille aimante et soutenante dont les membres aiment être ensemble régulièrement. Les relations familiales peuvent être très différentes. Pour moi il n’y a rien de juste ni de faux dans tout cela, de mieux ni de moins bien. La famille qui apprécie d’être ensemble construit cela ensemble tandis que la famille pour qui cela ne veut pas dire grand-chose ne le fait pas. Bien entendu, au bout du compte, tout cela a à voir avec le fait que les relations familiales ont une valeur quelconque ou une importance pour nous ou pas.

Que nous aimions ça ou pas, cependant, nous sommes tous dans une relation dynamique que personne d’entre nous ne peut éviter : la relation avec soi-même. Ma relation avec moi est quelque chose sur quoi j’ai travaillé toute ma vie  -disons mes vies ! Je m’Aime. J’Aime qui je suis. J’Aime mon corps. J’Aime ma vie. Bien entendu j’Aime Carolyn et ma fille Tracey et ainsi de suite  -mais ce n’est pas sur cela que porte cet article. Ma relation respectueuse avec moi-même est le vrai creuset de l’Amour… le pouvoir de création. Je suspecte que l’Amour dans une grande famille soutenante a plus de l’Amour du rassemblement, un amour d’être avec la famille, tandis que l’Amour dans une famille éparpillée a moins de besoin ou de désir de famille, moins d’Amour de rassemblement. Comme une fleur, l’Amour doit être nourri et cultivé pour grandir. Probablement, sans le réaliser, la famille de rassemblement qui soutient fait grandir l’Amour d’une manière qui est différente de l’Amour dans une famille éparpillée. L’Amour d’une famille rassemblée est plus enclin à intégrer d’autres personnes, à étendre la famille aux amis qui sont vraiment aimés. Ils sont plus enclins à se prendre dans les bras quand ils se rencontrent, et à partager des mots d’amour, même quand ils prennent d’autres personnes dans leurs bras. L’Amour des familles isolées qui se rencontrent rarement avec tous les membres de la famille est plus enclin à garder l’Amour comme un Amour de petite unité familiale, qui trouve difficile ou embarrassant d’intégrer et d’aimer les gens qui sont sur les pourtours de la famille. Et ils sont moins susceptibles de prendre dans leurs bras d’autres personnes qui ne sont pas dans la famille immédiate.

Souvenez-vous, je fais partie de la famille éparpillée, mais j’aime prendre dans mes bras ! Treenie et moi avons appris à nous Aimer, Carolyn a aussi appris ça. Est-il possible que pendant le développement de l’Amour de soi, nous négligeons l’Amour familial ? Carolyn non  -mais moi, oui. Cependant cela n’a pas besoin de se passer comme cela. S’Aimer soi et aimer la famille peuvent grandir et se développer la main dans la main et je suis sûr que dans certaines familles proches, plus conscientes, cela arrive.

Les familles offrent une opportunité dynamique pour la croissance intérieure. Une grande partie de karma  -la cause et l’effet-  est travaillée dans une famille, généralement pour un bénéfice mutuel. Je suis aussi sûr que l’histoire familiale contribue beaucoup à la famille. Une longue tradition de famille qui soutient est plus encline à continuer tandis qu’une histoire familiale de critique et d’intolérance avec peu de contacts est aussi susceptible de continuer. C’est mon histoire familiale ! J’Aime vraiment mon frère mais je suis incapable de me sentir proche de lui. Si je le prends dans mes bras, il se sent embarrassé et mal à l’aise. Cependant les embrassades sont plus intimes et connectent mieux que le serrement de mains. Cela, nous le faisons avec des étrangers. Beaucoup des membres de ma famille poursuivent des passions et des intérêts totalement différents pour les uns et les autres. J’ai du mal à m’enthousiasmer pour des armes à feu destinées à tuer, tandis que la plupart de ma famille n’a strictement aucun intérêt pour le jardinage. Seule Tracy s’intéresse au chemin spirituel sur lequel je chemine et que j’enseigne, tous les autres sont à des mondes de là. Et c’est un espace très é-t-e-n-d-u à traverser pour communiquer. La simple réalité est que nous ne communiquons pas. Nous sommes une famille avec des connections très lâches entre nous. J’écris sur ma famille simplement parce que c’est la seule dans laquelle je me trouve. Je ne suis pas le mâle alpha  -nous sommes trop éparpillés pour en avoir un. Il y a un mâle et une femelle alpha dans les familles plus proches,  dans lesquelles le patriarche et la matriarche tiennent habituellement ce rôle  -tant que leur santé le leur permet.

Avec votre famille  -et nous en avons tous une-  soyez patient avec sa façon d’être. Lâchez l’idée qu’elle devrait être comme ceci ou comme cela  -acceptez que ce soit comme ça. Apprenez à profiter de votre famille telle qu’elle est et les membres de la famille tels qu’ils sont, et ayez de la gratitude pour eux. Pour ce qui me concerne, je ne changerais rien du tout. Nous avons tous trouvé notre place dans la vie et dans la famille et nous récolterons d’elle exactement ce dont nous avons besoin pour apprendre et grandir. Ne perdez jamais de vue le fait qu’une famille est un véhicule pour faire grandir les gens et chaque personne dans la famille apprendra les leçons qu’elle choisit d’apprendre  -ou elle recommencera depuis le début ! Chacun d’entre nous choisit sa propre famille bien particulière pour apprendre ces leçons. Que ma famille soit dans ma proximité ou pas, elle continue à m’enseigner ce que dois apprendre d’elle. J’espère seulement qu’elle est aussi attentive à ses nombreuses opportunités de croissance intérieure que moi.

Quand j’entamerai ma 21ème année de tournée en 2012, je vais de nouveau me connecter à ma merveilleuse famille spirituelle, mondiale et en perpétuelle croissance. Je suis vraiment béni. Merci à vous tous de m’ouvrir vos cœurs de la façon dont vous le faites.

Dans l’Amour et la Lumière

Michael