Désastre, c’est le nom du changement

Désastre, c’est le nom du changement

On m’a demandé de commenter les désastres extrêmes qui se sont produits en Australie. Tandis que j’écris ceci, un nombre inconnu de personnes  -plus de 130 pour le moment-  sont mortes dans les feux de bush de Victoria les plus violents connus, avec de nombreux survivants souffrant de brûlures terribles, tandis que dans le Nord du Queensland, les gens subissent les pluies torrentielles et les inondations les plus persistantes et étendues depuis qu’on en fait les mesures.

Si on me demande pourquoi, je peux clairement affirmer que ce n’est pas le châtiment de l’humanité par la Nature. L’Australie est bien connue pour être un continent des extrêmes et nous avons maintenant atteint une population suffisamment nombreuse pour que ces extrêmes impactent réellement les gens sous la forme de décès, d’épreuves terribles  et de souffrance. Il y a des raisons physiques, à l’échelle globale, pour les extrêmes des feux et des inondations, parce que ces extrêmes se produisent de bien des façons dans de nombreux pays. Mais je ne doute pas que les gens qui me demandent mes commentaires soient plus intéressés par l’aspect métaphysique de tout ceci.

Nous vivons à une époque où les médias amènent les désastres humains jusque dans nos salons. Nous voyons tous les conséquences  des inondations et des feux, des tsunamis et des tremblements de terre et bien que nous ne sentions pas tous l’intense chaleur des feux, ou bien que nous ne souffrions pas la ruine d’une maison inondée, ou bien que nous n’expérimentions pas l’enterrement sous des tonnes de roches, nous sommes touchés par tout cela.

Nous le ressentons émotionnellement. Mon cœur est allé vers les victimes des feux de bush ; j’aurais pu facilement pleurer pour eux. Nous voyons les feux terrifiants, nous entendons les cris des victimes ; leur douleur  et leur angoisse sont partagées par tant d’entre nous. Personne n’apprécie de voir l’angoisse des victimes mais de bien des façons, nous avons vraiment besoin de nous connecter avec elle, de la partager au niveau du cœur. Nous vivons dans une époque de Changement. Un Changement avec un grand C majuscule. Le Changement est rarement doux, rarement gentil, lorsqu’il impacte nos vies. Si le Changement ressemblait plutôt  à un baiser doux et sucré, nous ne le remarquerions jamais : pas d’impact, pas de changement ! Donc le Changement est violent, il détruit, il déstructure littéralement nos vies.

Nous résistons, ré-établissant plus de la même chose et ainsi le cycle continue. Nous résistons, nous ne Changeons pas. Il ne nous vient jamais à l’idée que la vie nous a mis à cet endroit-là à ce moment-là pour que nous expérimentions l’impact du Changement. Au lieu de cela nous maintenons l’illusion trompeuse de « pas de chance » et nous continuons à continuer. Nous sommes accros à « plus de la même chose ».  Les premiers pionniers blancs venus de Grande-Bretagne et d’Europe [NDLT : en Australie] ont tenté de reproduire leur patrie, créant par conséquence une série de désastres écologiques par l’introduction d’espèces animales et végétales. Bien que cela soit connu et documenté, nous avons appris très peu de cela. Nous ne voyons pas les implications dans nos propres vies insulaires ni le parallèle dans nos propres familles.

Quand un désastre majeur frappe une famille, effaçant leur manière de vivre, c’est la vie elle-même qui dit… Changez. Au cours de la sévère sécheresse qui a sévi pendant les sept premières années de ce siècle, beaucoup des fermiers de l’intérieur du pays se sont suicidés. Cela n’avait pas besoin de se produire mais ils furent incapables d’embrasser la magnitude du Changement. Combien de vies a un homme pour combattre les terres du centre de l’Australie et racler un moyen de subsistance de la terre ? Combien de fois devons-nous apprendre les mêmes leçons encore et encore ? Nous nous faisons si facilement prendre dans les ornières de l’habitude, qui s’approfondissent vie après vie jusqu’à ce que nous soyons bel et bien complètement coincés. Le Changement est un plan de la vie pour exploser les schémas des habitudes, pour pousser une personne en dehors de l’ornière de la répétition.  Le Changement est continu et certain. La Nature est Changement perpétuel. Le Changement est destructeur. C’est une dé-structuration des schémas de vie habituels. Le Changement offre en fait une opportunité de lâcher ! Le Changement offre l’opportunité de restructurer une nouvelle vie après avoir dé-structuré l’ancienne. Mais le faisons-nous ? Non, nous reconstruisons l’ancienne à nouveau, nous accrochant au connu avec la peur de l’inconnu. Le Changement s’exprime à travers toute vie, à travers la Nature. Au niveau biologique, ce sont les créatures qui se spécialisent qui sont les plus menacées en ces temps de Changement. Les animaux qui sont capables de changer et de s’adapter prospèrent. Le renard en est un exemple parfait. Autrefois, c’était un animal strictement campagnard, maintenant il y en a des milliers qui prospèrent en plein cœur de la ville de Londres. Le koala, par contre, est une spécialiste extrême et il est menacé. La conscience cherche toujours à se développer à travers le Changement. Considérons ce principe : La conscience attire à elle la forme physique à travers laquelle s’exprimer. L’expression est toujours  conscience. Une fois que la forme physique d’expression devient rigide et coincée, alors la conscience va se retirer de cette espèce. C’est ce que nous appelons extinction. Il est difficile pour nous de voir qu’il n’y a rien de tel que l’extinction. Nous sommes installés dans notre cadre de réalité consensuelle  et nous voyons la vie comme commençant et finissant. Nous voyons la vie comme physique et non comme une expression physique de l’esprit. Alors nous résistons au Changement parce que nous en avons peur. Nous nous méfions de tout ce que nous ne comprenons pas, y compris de nous même. Nous ne nous comprenons pas ! Nous avons peur du Changement parce que nous ne pouvons pas Changer en restant les mêmes. Comme je l’ai dit, nous sommes accros à « plus de la même chose ».

Du point de vue de la réalité métaphysique, c’est pour cela qu’il y a de plus en plus fréquemment ce qu’on appelle des désastres globaux.  Plus nous résistons au Changement réel, plus l’impact des agents du Changement seront puissants. Nous faisons des modifications, nous sommes des experts de la modification. Mais la modification n’est que cela  – ce n’est pas le Changement. Le vrai Changement est une transformation en conscience. Toute vie est l’expression de la conscience. Plus nous résistons au Changement, plus nous nous accrochons à “plus de la même chose”, plus grand sera l’impact du Changement.

Je le répète, nous vivons dans un temps de Changement. Nous devons apprendre à lâcher le vieux.

– Michael J. Roads

10 février 2009